Comment appelle-t-on les habitants de Chicoutimi ? Cette question linguistique en apparence anodine ouvre en réalité une fenêtre captivante sur l’histoire, la culture et l’identité propre à cette ville longtemps autonome, aujourd’hui fusionnée à Saguenay. Découvrons le nom, mais aussi ce qu’il révèle de ceux et celles qui y vivent.
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Le gentilé de Chicoutimi : Chicoutimien et Chicoutimienne
Officiellement, les habitants de Chicoutimi portent le nom de Chicoutimiens (au masculin) et de Chicoutimiennes (au féminin). Issu directement du nom de la localité, le terme suit les règles courantes de formation des gentilés en français, en y ajoutant les suffixes –ien ou –ienne selon le genre.
La déclinaison suit la forme classique :
- Masculin singulier : un Chicoutimien
- Féminin singulier : une Chicoutimienne
- Masculin pluriel : les Chicoutimiens
- Féminin pluriel : les Chicoutimiennes
Ce gentilé reste largement utilisé par la population locale, notamment dans les médias régionaux, les établissements scolaires et les événements sportifs, qui entretiennent une forte fierté d’appartenance au territoire du Vieux-Chicoutimi, même après la fusion municipale.
Chicoutimi, hier ville, aujourd’hui quartier de Saguenay
Chicoutimi est aujourd’hui un arrondissement de la ville de Saguenay, depuis la fusion administrative de 2002. Mais jusqu’alors, c’était une ville à part entière, au riche passé industriel et religieux. Située au confluent de la rivière Chicoutimi et de la rivière Saguenay, elle fut fondée dès 1842, et a longtemps été considérée comme le cœur administratif et économique de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Malgré la fusion avec d’autres localités (Jonquière, La Baie, entre autres), l’identité chicoutimienne s’est maintenue fortement. Le toponyme est encore omniprésent : Cégep de Chicoutimi, Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), hôpital de Chicoutimi, Pont Sainte-Anne… autant de noms qui perpétuent cette identité urbaine au sein de la nouvelle entité municipale.
Un gentilé témoin d’une fierté locale
Au-delà de son aspect grammatical, le mot « Chicoutimien » évoque tout un monde. Être Chicoutimien, c’est souvent se revendiquer d’une mentalité régionale forte et enracinée. L’accent chantant du Saguenay, l’attachement à l’histoire des moulins à pulpe, les souvenirs des grandes crues ou du déluge de 1996, la rivalité bon enfant avec les gens du Lac-Saint-Jean… tous ces éléments façonnent ce que certains appellent la « chicoutimienneté ».
Certains Chicoutimiens se reconnaissent aussi dans un double appartenance, se disant tantôt Chicoutimien(ne), tantôt Saguenéen(ne), selon le contexte. Car Saguenay est plus qu’un nom administratif : c’est aussi un marqueur identitaire fort pour l’ensemble des résidents de la vallée du Saguenay.
Les subtilités régionales : Saguenéen, Bleuets, Jeannois…
Dans la région, les identités locales se déclinent avec finesse. Si le terme officiel au niveau municipal est désormais « Saguenéen« , en référence à la ville de Saguenay et à la rivière du même nom, d’autres désignations révèlent des affiliations plus anciennes ou affectueuses.
Bleuets est par exemple employé familièrement pour désigner l’ensemble des habitants du Saguenay–Lac-Saint-Jean. L’usage varie selon le contexte, oscillant entre humour et affirmation identitaire. Enfin, le terme Jeannois est utilisé plus spécifiquement pour désigner les habitants du secteur du Lac-Saint-Jean.
Mais à Chicoutimi, c’est bel et bien Chicoutimien(ne) qui reste la référence prioritaire lorsque la conversation concerne l’origine locale d’un résident ou lorsqu’on évoque fiertément ses racines.
Pourquoi cette question suscite autant d’intérêt ?
S’interroger sur le nom des habitants d’une ville, c’est vouloir en comprendre l’âme. Dans une région où l’attachement territorial est si fort, où les histoires familiales se transmettent profondément et où chaque village a sa personnalité, le choix des mots pour désigner les gens prend une dimension identitaire forte.
De plus, la multiplicité des réorganisations municipales au Québec depuis les années 2000 a parfois embrouillé les repères. Dans ce contexte, les gentilés restent un point d’ancrage pour de nombreuses communautés. Et à Chicoutimi, ils permettent de distinguer un parcours, une origine, un sentiment d’appartenance au sein d’un ensemble plus large.
Fier, distinctif, enraciné : le terme « Chicoutimien » résume à lui seul des générations de mémoire collective et un réel attachement au quartier comme à son histoire.
FAQ
Les Chicoutimiens sont-ils aussi appelés Saguenéens ?
Oui. Depuis la création de la ville de Saguenay en 2002, les résidents de Chicoutimi peuvent être désignés comme Saguenéens. Toutefois, le terme « Chicoutimien » reste préféré pour marquer une appartenance plus précise à cet arrondissement.
Le mot “Chicoutimi” a-t-il une signification autochtone ?
Oui. « Chicoutimi » vient d’un mot innu signifiant « là où l’eau est profonde » ou « la fin de l’eau navigable », en raison de la configuration géographique de l’endroit. Cela exprime l’ancien rôle de terminus de navigation à l’embouchure de la rivière.
Comment prononce-t-on “Chicoutimien” ?
Le mot se prononce [ʃi.ku.ti.mjɛ̃] pour le masculin, et [ʃi.ku.ti.mjɛn] pour le féminin. L’accent régional ajoute parfois une musicalité particulière aux voyelles nasales.
Les jeunes utilisent-ils encore ce gentilé aujourd’hui ?
Oui, surtout dans un contexte local ou identitaire. Le mot est encore employé dans les écoles, les sports, les événements communautaires. Il cohabite avec d’autres termes comme Saguenéens ou Bleuets selon le registre.
Que l’on soit résident de longue date ou visiteur curieux, connaître et utiliser le terme « Chicoutimien » est bien plus qu’une simple précision lexicale : c’est participer à la riche mosaïque identitaire d’une région qui vibre fièrement avec ses racines.




